Invité sur Radio Top Congo, Charles Tabu, manager d’artistes et producteur d’événements, dresse un constat sans détour sur l’état de la musique congolaise. Malgré un marché immense, la relève peine à suivre.
Un marché puissant… mais fragile
Avec plus de 100 millions d’habitants, RDC et diaspora confondues, le potentiel est énorme. Pourtant, selon Charles Tabu, l’industrie repose sur un cercle très limité d’artistes comme Fally Ipupa, Ferre Gola, Koffi Olomide, Innoss’B ou encore Fabregas Le Métis Noir.
Une concentration qui, à terme, risque de fatiguer le public et fragiliser les spectacles.
La fin des grandes tournées
Autre changement majeur : la disparition des tournées longues.
Là où des groupes comme Zaïko Langa Langa ou Quartier Latin pouvaient enchaîner plusieurs mois de prestations, les artistes actuels se limitent souvent à un ou deux grands shows par an.
Pour Charles Tabu, cette évolution est directement liée à un manque de discipline.
Une génération en manque de rigueur
Le producteur pointe du doigt la nouvelle génération, qu’il juge moins rigoureuse que ses prédécesseurs.
À l’époque de Tabu Ley Rochereau, les répétitions étaient intensives et constantes. Aujourd’hui, beaucoup d’artistes privilégient les sorties rapides de singles, sans véritable préparation scénique.
Un choix qui limite leur capacité à tenir sur scène et à construire une carrière durable.
La nostalgie comme opportunité
Malgré tout, il existe un levier fort : la “génération berceau”.
Ce public, attaché aux classiques de la rumba, reste prêt à investir pour des concerts live. Mais faute d’artistes suffisamment préparés, les producteurs hésitent à prendre des risques financiers.
L’État attendu au tournant
Pour Charles Tabu, la solution passe aussi par une implication des pouvoirs publics.
Il évoque notamment :
- une meilleure gestion des droits d’auteur via des structures comme la SOCODA
- la mise en place de subventions pour soutenir les productions musicales
Un appel au travail de fond
Fils de Tabu Ley Rochereau et ancien manager de Ferre Gola, Charles Tabu conclut avec un message clair :
la musique congolaise doit revenir aux bases, au travail, à la discipline et à la structuration.
Sans cela, un constat s’impose :
un grand marché… mais une relève encore trop fragile pour porter l’avenir.

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